Entrevue Marco Grassi

Âgé de 47 ans depuis le 8 août 2015, Marco Grassi est le joueur symbole du Stade Rennais de retour en première division en 1994. Auteur de 60 matchs et 28 buts avec le maillot Rouge et Noir, l’ancien international suisse est revenu le 10 août 2015 sur ses souvenirs et son amour du SRFC pour ROUGE Mémoire.



"J’étais très à l’aise dans ce Stade de la Route de Lorient"

Comment avez-vous débarqué au Stade Rennais en 1994 ?

Je jouais à l’époque au Servette de Genève. Le but de tous les joueurs suisses était de partir à l’étranger. Le Stade Rennais a fait une proposition que j’ai acceptée avec plaisir, c’était un honneur. C’était ma proposition la plus sérieuse. C’est arrivé juste après la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis à laquelle j’ai participé avec la Suisse. Rennes venait de monter en première division. Un autre joueur suisse Christophe Ohrel était venu avec moi. Il m’avait appelé car il s’était renseigné sur le club et m’avait dit que ce serait très bien de signer au Stade Rennais. À l’époque, Rennes était surnommé "l’ascenseur" et je note que le club n’est plus jamais descendu depuis. Il n’y avait qu’une petite dizaine de joueurs suisses à l’étranger à l’époque comme Chapuisat, Sutter et Knup.

Comment s’est passée votre intégration au club ?

Très bien. J’ai eu la chance de marquer pour mon premier match contre Bordeaux et de gagner cette rencontre. C’était un but du pied droit du côté du kop rennais. J’avais dû attendre la quatrième journée pour jouer car je n’étais pas encore qualifié. Le match suivant, j’ai encore marqué à Sochaux pour une nouvelle victoire.

Il y a des moments marquants pour vous lors de cette saison 1994/1995 ?

Si vous regardez les statistiques, j’ai beaucoup marqué à domicile avec Rennes (NDLR : 21 de ses 28 buts). J’étais très à l’aise dans ce Stade de la Route de Lorient. D’ailleurs, j’ai appris qu’il s’appelle maintenant le Roazhon Park. J’avais beaucoup de réussite et j’ai même terminé meilleur buteur étranger du championnat de France.

Le Stade Rennais était irrésistible à domicile au printemps 1995. Comment l’expliquez-vous ?

Il y avait une superbe ambiance à domicile. On était très à l’aise à jouer avec trois attaquants puisque Sylvain Wiltord et Pierre-Yves André jouaient avec moi à l’avant. Jocelyn Gourvennec était juste derrière nous et était très fort à cette époque-là. On marquait énormément de buts mais malheureusement à l’extérieur, on prenait beaucoup de buts aussi (rires).

Vous marquez un peu moins la saison suivante (12 buts contre 16 en 1994/1995) mais signez un triplé mémorable contre Guingamp.

C’était un grand match et aussi le premier vrai derby pour moi avec le Stade Rennais car j’estime que contre Nantes, il ne s’agissait pas d’un vrai derby. J’ai marqué deux buts de la tête en première mi-temps et un super troisième but après la pause, je m’en souviens encore. Les supporters étaient très heureux ce soir-là et moi aussi. J’ai vu que depuis c’est plus dur pour Rennes de battre Guingamp lors des matches importants. C’est le plus grand match que j’ai vécu au Stade Rennais avec celui contre le PSG que l’on gagne 4 buts à 0 la saison précédente. Il y avait Weah, Ginola et Lama dans ce PSG, c’était une équipe très forte.

Comment définiriez-vous vos qualités en tant que joueur ?

J'étais un joueur physique. À Rennes surtout, j'étais très fort de la tête et marquait beaucoup de cette manière.

"Quand je regarde les résultats du championnat de France, je commence toujours par Rennes"

Suivez-vous toujours le Stade Rennais ?

Aujourd’hui, je dois dire que je suis très content de mon passage à Rennes. Je m’y intéresse toujours. D’ailleurs, quand je regarde les résultats du championnat de France, je commence toujours par Rennes. Je suis toujours très content quand le Stade Rennais gagne et rien que samedi dernier, j’étais malheureux de la défaite contre Bastia en ouverture du championnat. Grâce à Canal+ et Sky, j’arrive à voir quelques matches du championnat français et de Rennes.

Quel souvenir gardez-vous de votre coach Michel Le Milinaire ?

C’est un coach qui convenait très bien à cette époque-là. C’est un Monsieur qui était toujours tranquille et qui gérait bien son groupe. Il apportait beaucoup de calme à l’équipe, il n’était jamais fâché. Pour un joueur étranger en France, il me donnait beaucoup de responsabilités. De plus, j’avais de la réussite sous ses ordres, cela m’a beaucoup aidé.

Avez-vous toujours des affinités avec certains de vos coéquipiers de l’époque ?

J’ai toujours gardé des contacts avec Patrice Carteron avec qui j’ai aussi joué à Lyon dans la suite de ma carrière. On s’est parlé plusieurs fois lorsqu’il était entraîneur à Dijon. Il y aussi Cyrille L’Helgoualc’h qui m’a appelé dernièrement et je l’ai tout de suite reconnu. Je l’ai vu aussi sur internet, il a beaucoup changé (rires).

Des défenseurs vous ont marqués en France ?

Je me souviens de Taribo West à Auxerre, Alain Roche et Bruno N’Gotty au PSG. Ils étaient de très bons défenseurs.

Que retenez-vous du public rennais ?

J’avais une très bonne relation avec le public rennais. Je me souviens de mon dernier match, c’était une grande émotion. C’était une époque différente notamment du point de vue des salaires, c’est incomparable. Il n’y avait pas la même exposition ni les droits TV, l’offre que j’avais reçu de Monaco était très intéressante. J’avais joué et remporté le titre la saison suivante sur le Rocher. Lors du match du centenaire aussi, j’ai reçu un très bon accueil du public lorsque que je suis entré sur la pelouse. Samedi (NDLR : Rennes-Montpellier en Ligue 1), je serai à nouveau sur la pelouse pour donner le coup d'envoi. Beaucoup d’années ont passé et je ne pense pas que les nouvelles générations se souviennent de moi.

Comment percevez-vous le Stade Rennais aujourd’hui.

Je n’ai pas encore vu le stade depuis que les travaux sont terminés (NDLR : en 2004). Des amis que je contacte souvent à Rennes me disent que le stade est encore très chaud. Je serai présent pour la réception de Montpellier samedi. Je suis impatient.

Comment suivez-vous le football d’aujourd’hui ?

Je regarde les grands matches notamment en Ligue des Champions. Sur Sky, j’aime beaucoup regarder les matches de championnat de Chelsea, Barcelone, Real Madrid ou Manchester. Il faut reconnaître que le football va très vite maintenant. Des joueurs comme Messi ou Ronaldo qui marquent 60 ou 70 buts par saison, je trouve cela énorme.

Que faites-vous depuis la fin de votre carrière de joueur ?

J’ai présidé durant cinq ans le club de ma ville natale Chiasso en deuxième division suisse de 2003 à 2008. Depuis je m’occupe d’affaires dans l’immobilier.


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