Entrevue Stéphane GUIVARC'H

Stéphane Guivarc’h n’a joué qu’une seule saison au Stade Rennais lors de la saison 1996/1997 mais a marqué les esprits en finissant meilleur buteur de Division 1 avec 22 buts. Pour ROUGE Mémoire, le seul champion du monde breton est revenu sur cette saison le mercredi 21 septembre 2016.



"Ma meilleure saison en Bretagne c'est à Rennes !"

Peux-tu nous expliquer ton parcours de footballeur avant ton arrivée au Stade Rennais en juin 1996 ?

J’ai débuté à Trégunc puis j’ai rejoint l’Hermine Concarnoise. J’ai ensuite intégré le Centre de Formation de Brest d’où je suis parti pour rejoindre Guingamp avant d’arriver blessé à Auxerre en 1995. J’avais pris un coup lors du dernier match de Division 2 avec Guingamp. Lors de l’intersaison, j’ai passé des radios qui n’ont rien détecté. J’ai donc commencé la saison 1995/96 avec Auxerre comme ça, en démarrant bien pendant les 4 premiers matchs. En fait, je jouais avec une fracture sur la tête du péroné gauche. Au bout de 4 matchs, j’ai été obligé de me faire opérer. J’ai donc perdu ma place au profit de Laslandes qui a bien marché pendant mon absence. A ce moment-là, il y avait un bon trio d’attaquants et Guy Roux, l’entraîneur d’Auxerre, a trouvé et maintenu son 11 majeur. Je me suis donc cantonné à un rôle de remplaçant durant le reste de la saison

Après avoir passé 1 an à Auxerre, tu arrives en prêt au Stade Rennais durant l’été 1996. Comment s'est passée cette arrivée ?

Guy Roux voulait me garder pour la saison 1996/1997 dans la même situation. Même si en 1995/1996, on finit champion de France et que la saison suivante il y a la Ligue des Champions, moi, ça ne me convenait pas du tout. Je n’avais jamais connu la situation de remplaçant et à mon âge je préférais jouer. Je lui ai cassé les pieds durant tout le dernier mois de la saison 1995/1996 pour essayer d’être prêté, jusqu’au jour où il m’a dit oui. J’étais en contact avec le Bordeaux de Courbis. Il voulait me faire signer mais sur le contrat qu’il m’a proposé, il n’y avait pas grand-chose d’écrit. Je me suis dit que ce n’était pas sérieux. C’est à ce moment-là que René Ruello, Président de Rennes, m’a appelé. Moi qui suis Breton, je me suis dit que c’était peut-être la solution pour me relancer et repartir de l’avant.

"Maintenant il va peut-être falloir penser à faire oublier Marco Grassi !"

Quel souvenir gardes-tu de tes premiers jours à Rennes ?

Je me rappelle surtout qu’à mon arrivée, il y avait un supporter qui m’avait dit : " Maintenant il va peut-être falloir penser à faire oublier Marco Grassi !" ; Marco Grassi étant l’attaquant prolifique de Rennes au cours des 2 saisons précédentes que je venais remplacer. Il a déjà mis un peu de pression en arrivant.

Tu joues ton premier match avec le Stade en Israël contre l’Hapoël Tel-Aviv en Coupe Intertoto (0-2) où tu marques un doublé. As-tu un souvenir de ce déplacement particulier ?

Effectivement, je marque un doublé et je crois que je rate un pénalty ou plutôt le gardien l’arrête. C’est toujours intéressant quand on arrive dans un club de trouver ses marques avec ses nouveaux partenaires et surtout d’être efficace.

Lors de la 9ème journée de Division 1, le Stade Rennais se déplace à Nantes alors que Rennes n’y a pas gagné depuis 31 ans. Vous faites match nul (3-3) avec un final fou puisque le Stade Rennais marque le 3ème but que tout le monde pense décisif par Huard à la 89ème avant que Nantes égalise dans la foulée par Da Rocha. Te rappelles-tu si à l’époque cette situation était utilisée par le staff pour vous motiver ?

On est volé sur le troisième but nantais. Ça se situe près de l’arbitre de touche qui ne signale rien et pourtant l’arbitre central siffle faute. 20 ans après, je ne sais toujours pas pourquoi. Suite à un coup franc excentré, Nantes égalise dans le temps additionnel. J’avais mis 2 buts à Loussouarn dont c’étaient les débuts et qui était passé au travers car il n’était pas serein. Ce match là on aurait dû l’emporter mais le foot est fait ainsi. Nantes-Rennes, ça restait une notion de derby car Nantes reste à 100 km de Rennes mais le staff ne jouait pas là-dessus.

"Battre Marseille, battre Lyon, battre Paris, c'étaient des grandes performances"

Contre Auxerre, lors de la 18ème journée de D1, tu marques le seul but de la rencontre (1-0) et tu viens célébrer ton but devant le banc Auxerrois. Que signifiait ce geste ?

Je connaissais bien le défenseur Franck Silvestre pour avoir joué avec lui. Sur la prise de balle orientée, je fais la différence. Je vois que j’ai 10/15 mètres devant moi, je frappe et je marque. J’ai toujours l’image de Charbonnier, gardien d’Auxerre à l’époque, les genoux à terre, hochant la tête en se disant ce n’est pas possible, pas lui. Ma célébration montrait surtout un esprit de revanche car je voulais prouver que j’aurais pu fonctionner aussi à Auxerre. Ma célébration du but devant le banc auxerrois n’était pas pour chambrer Guy Roux. Les gens ont pu dire qu’il y avait eu geste déplacé mais il n’y en a pas eu. J’ai aussi en tête l’image que plus je me rapprochais du banc, plus je voyais Guy Roux s’enfoncer dans son banc qui se disait aussi mais ce n’est pas possible. Ça fait partie des belles images que j’ai encore en tête. Moi j’avais quelque chose à prouver à Auxerre et puis gagner 1-0 avec Rennes alors qu’Auxerre était champion l’année précédente était une belle performance. Si on se remémore bien, on termine 16ème et c’était donc des points hyper importants pour nous.

Contre le Paris Saint Germain, lors de la 14ème journée de D1, tu marques un doublé à Bernard Lama, gardien de but du PSG et de l’Équipe de France. Sur le second but, il finit à genoux. Quel souvenir as-tu de ce match ?

Le PSG était invaincu lors des 13 premières journées de championnat et n’avait pas perdu depuis 15 matchs en comptant la saison précédente. C’est le type de match où à la base on se dit qu’on n’espère rien. Je pense qu’au niveau de la préparation, au niveau de l’état d’esprit, on avait répondu présent et qu’on avait vraiment été solide autant défensivement qu’offensivement. A tous les matchs, il y a des opportunités qui se présentent. Je marque le premier but sur pénalty et le deuxième, c’est suite à un long centre d’Ousmane Dabo. Je suis un peu court et Bernard Lama aussi. Je le vois à terre qui essaie de récupérer le ballon et heureusement il franchit quand même la ligne. Ça fait partie des grands moments de ma carrière. Gagner contre le Paris SG invaincu depuis 13 journées était une réelle performance. C’est le match de cette saison dont je me rappelle le plus.

Durant ta seule saison au Stade Rennais, tu marques 30 buts en 45 matchs alors que tu visais entre 10 et 15 buts. Considères-tu qu’il s’agit de ta meilleure saison ?

Avec Rennes, je marque 22 buts en championnat et 8 en coupe (NDLR : un en Coupe de France ; trois en Coupe de la Ligue et quatre en Coupe Intertoto). Mais ma meilleure saison ça reste quand même ma saison suivante à Auxerre où j’ai marqué 47 fois et où j’intègre l’Équipe de France. A Rennes, je n’ai pas intégré l’Équipe de France mais j’étais suivi car je savais qu’Aimé Jacquet cherchait une pointe. A Rennes, j’étais plus électron libre car on s’arrangeait bien avec Pierre-Yves André et Sylvain Wiltord si bien que c’était un rôle un peu différent de celui que j’ai tenu en Équipe de France. Mais Rennes fait partie quand même des meilleurs moments car je finis meilleur buteur de D1. Sur mes 30 buts il y a un triplé contre Lyon en Coupe de la Ligue, un triplé contre Marseille où on gagne 4-2. Battre Marseille, battre Lyon, battre Paris, c'étaient des grandes performances. Ce sont des points qu’on ne pensait pas prendre.

Sais-tu que tu es rentré dans l’histoire du club en marquant le 2000ème but du club en Division 1 à Rennes contre Metz ?

Je le découvre. Je me souviens juste que contre Metz on perd (1-3) et que je marque sur coup-franc.

Sur tes 30 buts inscrits, 23 le sont avant la trêve. Sais-tu expliquer cette statistique surprenante ? L’échec de ton départ pour l’Inter de Milan en cours de saison y est-il pour quelque chose ?

La trêve m’a peut-être coupé les jambes tout simplement. On était aussi moins bien en deuxième partie de saison et on a commencé à rétrograder. Forcément que les contacts avec l’Inter de Milan ont pesé dans mon rendement à ce moment-là. Je crois que j’avais même signé un précontrat avec l’Inter. Mais j’ai décliné l’offre car il y avait trop de stars là-bas. Mais forcément dans la tête, on se dit que c’est quand même l’Inter de Milan. On est moins concentré, moins dans le jeu et ça se ressent au niveau de l’efficacité, ça c’est sûr.

Pour ceux qui ne t’ont pas vu évoluer, pourrais-tu décrire tes principales caractéristiques de buteur et des principales qualités ?

Je n’étais pas forcément un foudre de guerre au niveau de la vitesse, c’est une certitude. J’avais plus un rôle axial jouant en remise et très efficace devant le but. Et c’est vrai qu’au niveau centre, j’avais le flair et le positionnement souvent idéal pour être à point nommé à la réception. Je pense aussi que le fait de travailler mes gammes en restant un quart d’heure après chaque séance d’entraînement pour faire des séances spécifiques devant le but m’a permis de beaucoup m’améliorer. Ensuite, en situation en match, je n’avais pas besoin de réfléchir à ce que j’allais faire. Papin faisait ça aussi et c’est un bon exemple. Il avait sorti une cassette là-dessus que j’avais vue comme tout le monde. J’ai fait ça à Rennes et à Auxerre, même si c’était moins bien perçu à Auxerre car Guy Roux n’aimait pas qu’on travaille après les séances. Mais à Rennes on travaillait comme ça avec Tony Heurtebis qui ne jouait pas beaucoup.

Malgré beaucoup de bons joueurs, Rennes finit 16ème en ayant joué le maintien durant toute la deuxième partie de championnat et sans remporter la moindre victoire à l’extérieur. Qu'a t'il manqué à cette équipe pour faire mieux qu'une triste 16ème place ?

Il a manqué beaucoup de choses. Cette année-là j’ai rigolé. Le Président René Ruello me dit en tant que nouvelle recrue que cette année-là, il va faire un recrutement exclusivement Breton. Et je crois qu’il a ramené 2 écossais (Smith et Johnston), un Roumain (Papura), un Norvégien (Rekdal), et il y avait déjà un Serbe (Pandurovic). Donc c’était un bon recrutement breton... Ce n’était pas facile pour la communication car forcément ces joueurs-là ne parlaient pas français. Cette année-là défensivement, on n’y était pas du tout. Sur une saison il n’y a pas de mystère, quand on finit 16ème c’est forcément qu'il y a eu beaucoup de manque. Même si je pense qu’offensivement on a su se rendre efficace, on a pris beaucoup trop de buts et beaucoup de buts évitables. Après est-ce qu’on ne jouait pas uniquement sur 40 mètres ou 50 mètres ? Est-ce que tout le monde faisait les efforts pour se replacer? Je pense que tout simplement on n’a pas trouvé le bon équilibre. On pensait aussi que c’était certainement contre les équipes dites moins fortes qu’on allait réussir à prendre des points. Mais c’est contre ces équipes dites plus faibles qu’on s’est mis en difficulté.

Quelques mots sur le duo de coachs Le Milinaire et Colleu ?

Il y avait de bons rapports avec Michel Le Milinaire et Yves Colleu. J’ai beaucoup apprécié les 2 hommes. Je connaissais Michel Le Milinaire d’avance. C’était quelqu’un avec une grosse expérience. Il passait le relais à Yves Colleu qui apprenait ses gammes et qui devait se faire à ce rôle. Je trouvais ça sympa. On ne lui a peut-être pas laissé assez de temps. On n’avait pas les mêmes moyens qu’aujourd’hui non plus. Depuis, François Pinault est arrivé à la fin de la saison suivante et a fait du bien au club. Je suis donc arrivé au mauvais moment alors... (rires) Yves Colleu est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et qui donnait le meilleur de lui-même et qui a appris avec Michel Le Milinaire. Les relations étaient très très bonnes. C’était quelqu’un de droit, carré, franc et après cette expérience il ne pouvait qu’avancer. Mais nous n’avions pas non plus un effectif très conséquent. Nous n’avions pas 25 joueurs capables de jouer à ce niveau-là. Le groupe était un peu restreint et dès qu’on avait un suspendu, un blessé et bien ça se ressentait sur le terrain et sur les résultats.

"Notre milieu de terrain norvégien Rekdal chiquait. Je trouvais ça extraordinaire"

Quelques mots sur le public et l’ambiance au Stade de la Route de Lorient ?

Je pense qu’à Rennes il y avait un bon public déjà à cette époque-là. Le Stade en lui-même a bien évolué depuis. A domicile, il y avait une bonne ambiance aussi parce que les résultats étaient là. Dès qu’on gagnait, on sentait que le public était derrière nous. Mais c'est sûr qu’à l’extérieur, même s’il y avait quelques Rennais qui nous supportaient, ils ne nous voyaient jamais gagner. Je ne me souviens pas d’avoir vu des spectateurs venir nous insulter au stade ou à l’entraînement. Il y avait peut-être un peu plus de respect à cette époque-là qu’aujourd’hui où dans les périodes sombres et difficiles, je pense que le public réagirait différemment.

Parmi tes partenaires de l'époque, lesquels t'ont le plus impressionné ? Es-tu toujours en contact avec certains d'entre eux ?

Je vais parler de l’aspect offensif car c’est ce que je retiens le plus, avec des mecs comme Pierre-Yves André et Sylvain Wiltord. On formait un bon trio d’attaquants avec une bonne complémentarité. On se trouvait bien et on était efficace. Il y avait de quoi s’épanouir. Ces 2 joueurs là sortaient du lot. Si on regarde la carrière de Sylvain Wiltord, je pense que c’est remarquable. Pierre-Yves André a aussi fait une belle carrière. On ne se voit plus régulièrement car aujourd’hui chacun a pris des trajectoires différentes. C’est comme avec l’Équipe de France. Quand on se voit, on est content de se voir.

As-tu une anecdote ou des anecdotes sur ta période Rennaise que tu peux partager avec ROUGE Mémoire ?

Il y a un truc qui me faisait beaucoup rire. Notre milieu de terrain norvégien Kjetil Rekdal chiquait. Avant les matchs et à la mi-temps, il mettait sa boule de chique dans la bouche. Je trouvais ça extraordinaire. En même temps, ce n’était pas un mauvais joueur, il était juste un peu lent, avec une bonne vision de jeu mais il lui manquait un petit truc. Peut-être qu’il chiquait trop...

"L’année la plus riche dans un club breton reste l’année de Division 1 avec Rennes"

Quel rôle cette saison rennaise a joué pour toi un an avant de soulever la Coupe du Monde ?

Cette saison à Rennes a joué un rôle prépondérant. J’étais prêté par Auxerre à Rennes sachant qu’il me restait encore deux ans de contrat derrière. Je pense que si j’avais été vraiment très moyen avec Rennes, d’une je ne serais pas retourné à Auxerre, et de deux, j’aurais certainement été prêté ailleurs ou de nouveau à Rennes. Forcément cette saison rennaise m’a ouvert la porte de l’Équipe de France. En fin de compte, ma sélection en Équipe de France est dans la continuité de ma saison à Rennes. Si je n’avais pas été bon à Rennes, je ne serai pas allé en Équipe de France. Et puis moi je souhaitais rester à Rennes, mais Guy Roux a voulu absolument me récupérer.

Depuis l’époque où tu évoluais au Stade Rennais les infrastructures du club ont énormément progressé. Peux-tu nous dire un mot sur les conditions d’entraînement et de match de l’époque ?

Pour l’entraînement, on n’avait pas forcément des billards. On s’entraînait derrière les tribunes du Stade. Quand il tombait des seaux d’eau, forcément les terrains étaient bien gorgés. On devait s’adapter. Le club avait moins de moyens. Aujourd’hui ça a bien évolué. Pour les mises au vert, c’était propre. On partait à une trentaine de minutes de Rennes. On était tranquille parce que là-bas on n’avait pas de portables, on ne captait rien. Mais pour l’époque, ça se passait bien. Le Stade aujourd’hui est une belle enceinte. Le club a l’outil de travail qu’il faut. Maintenant il faut juste des résultats et qu’il gagne enfin quelque chose ! Il y a un bon budget, chaque année l’équipe débute bien la saison, est dans les premiers et puis en fin de saison c’est moins bien. Ce n’est pas logique. C’est une équipe qui devrait jouer l’Europe tous les ans, au moins la Ligue Europa. J’espère que maintenant, le fait d’avoir retrouvé Gourcuff va permettre de travailler dans la stabilité parce que c’est bien d’avoir un entraîneur tous les ans ou tous les 2 ans mais on ne peut pas travailler comme ça. Il faut quelqu’un qui reste ancré et qui impose des choses.

Suis-tu particulièrement le parcours du Stade Rennais aujourd'hui ?

Je suis le parcours de tous les clubs bretons et donc de Rennes aussi.

Au final, à quel club breton es-tu le plus attaché aujourd’hui ? Guingamp, Brest ou Rennes ?

Les 3 clubs m’ont beaucoup apporté mais s’il y a une année à retenir, c’est forcément celle de Rennes. Je dois beaucoup de choses à Brest parce que c’est là-bas que j’ai fait toute ma formation et c’est ce qui m’a permis de passer pro. J’ai passé 4 années merveilleuses à Guingamp avec une montée de National en Division 2 puis de Division 2 en Division 1. Mais l’année la plus riche dans un club breton reste quand même l’année de Division 1 avec Rennes avec un titre de meilleur buteur de D1 avec 30 buts à la clé. Je fais une superbe saison et c’est vrai que tout me souriait.

"Je ne dis pas que je ne retournerai pas un jour dans le foot. On ne sait jamais peut-être à Rennes..."

Que deviens-tu aujourd’hui ?

J’ai été consultant pour la télévision pendant neuf ans. Maintenant de temps en temps, je fais des piges pour France Télévision pour des matchs de Coupe de la Ligue. Je m’occupe aussi du club de Trégunc que j’ai repris en D1 ; l’année dernière on était en DH et malheureusement, on est redescendu pour 1 point en DSE. Je suis vice-président du club et je m’occupe de tout l’aspect sponsoring. Et puis, j’ai un pote qui avait ouvert une entreprise de piscines et qui était une boîte de plomberie à la base. Il y a quelques années, alors qu’il était en train de poser un ballon d’eau chaude chez moi, il me dit qu’il recherchait un commercial pour sa structure. Moi, sur le ton de la plaisanterie, je lui dis : "mais je vais faire ta démarche commerciale si tu veux" et c’est parti comme ça. Ça l’a travaillé toute la nuit et il m’a rappelé le lendemain. Et donc je suis resté là en tant que commercial. C’est aussi une question d’équilibre car j’ai toute ma famille ici dans le sud-Finistère. Comme quoi c’est bizarre car j’aurais pu rester dans le foot. Il y a quelques années, j’ai rencontré Emmanuel Cueff, alors Président du Stade Rennais à la holding Artémis à Paris. C’était pour tenir un rôle de superviseur de matchs. Ça s’était très bien passé, puis je n’ai plus eu de nouvelles. J’ai donc rappelé et j’ai appris que c’est Pierre Dréossi qui n’a pas souhaité me prendre. Je suis Breton, j’ai joué à Rennes. Je trouve que des joueurs qui ont marqué plus ou moins les clubs y ont toute leur place. Aujourd’hui, à Lorient il y a Christophe Le Roux et Stéphane Pédron ; à Rennes, il y a Cyrille L’Helgoualc’h, Mikaël Silvestre. Je trouve ça valorisant plutôt que de faire venir des mecs de l’extérieur arrivant avec des idées différentes Ce n’est pas pour ça que ça fonctionne beaucoup mieux. Je ne dis pas que je ne retournerai pas un jour dans le foot. On ne sait jamais… peut-être à Rennes… Ça peut être dans la cellule de recrutement, dans la supervision des matchs. Puis je connais bien René Ruello et d’autres personnes au Stade Rennais. Alors pourquoi pas à Rennes…


L'envers du décor

C’est évidemment à Concarneau dans le sud Finistère, à quelques encablures de Trégunc, ville où Stéphane Guivarc’h réside que cette entrevue a été réalisée à la fin du mois de septembre. Stéphane Guivarc’h est chez lui ici dans cette ville. A la terrasse d’un bar situé juste en face de la magnifique ville close de Concarneau, beaucoup de ses connaissances viennent le saluer respectueusement. Dès le début, il accepte le tutoiement pour faciliter l’échange et répond tranquillement à toutes les questions, parfois avec humour. Je suis même surpris du niveau des détails dont il se rappelle alors qu’on parle de faits datant de 20 ans. Après une heure d’échanges très sympathiques, il est reparti en réglant l’addition...

Un grand Merci à lui pour ce super moment en espérant que vous prendrez autant de plaisir à lire cette entrevue que moi-même à vous la retranscrire. Merci à SMAQE pour avoir facilité la mise en relation.

Entrevue réalisée par @Mattcharp


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