Entrevue Pierrick HIARD

Gardien de but emblématique du Stade Rennais, Pierrick Hiard est aussi un vrai amoureux des Rouge et Noir et de la ville de Rennes. Vainqueur de la Gambardella en 1973, finaliste de la Coupe UEFA 1978 et vainqueur de la Coupe de France 1981 (avec Bastia), il fait partie des personnalités qui, par leurs actes, ont marqué durablement le club. Au travers de cette longue entrevue riche en émotions, il revient sur sa longue histoire avec le Stade Rennais FC qui l’a vu fouler les terrains de la Route de Lorient durant trois décennies.



"Le Stade Rennais, c’était tout pour moi"

Peux-tu nous expliquer comment tu es arrivé Stade Rennais et qu’est-ce qui t’a poussé à devenir gardien de but ?

C’est assez simple. J’ai toujours baigné dans le football. Mon père était gardien de but à Guignen, petit village situé à 27 km au sud de Rennes. Ma mère aimait aussi le football. Donc déjà dans le landau, j’allais à tous les matchs le voir jouer. Quand j’ai commencé à marcher, j’allais jouer dans les buts à la mi-temps ou à la fin des matchs. Cela a duré une dizaine d’années. J’ai le virus depuis tout petit.

À 10 ans, je voulais déjà devenir professionnel et je voulais jouer au Stade Rennais. Au départ, mon père pensait que si je rentrais au Stade Rennais trop vite, cela serait néfaste. Il m’a donc mis au basket à l’Avenir de Rennes. À 12 ans, il m’a inscrit au Stade Rennais quand je lui ai dit que c’était le moment. À l’époque il n’y avait pas de détection, pas de centre de formation au club. Donc ceux qui le voulaient, signaient au Stade Rennais. Je suis allé Quai Lamennais au siège du club pour signer ma licence en début de saison. C’était en 1967. A la fin, je jouais au basket le samedi après-midi, et je jouais au foot en minimes avec le Stade Rennais le dimanche matin.

Vu que mon père jouait dans les buts, j’avais pris l’habitude de jouer dans les buts même si je préférais jouer dans le champ. Lors du premier entrainement, nous devions être une centaine de gamins. Je me rappelle de mon premier jour d’entraînement. À un moment, l’entraîneur a demandé qui jouait avant-centre : il y a une trentaine d’enfants à lever la main. Je n’ai pas levé la main car je me suis dit que personne ne me remarquerait. Cela s’est passé de la même manière pour les milieux de terrain et pour les défenseurs. Quand la question a été posée pour les gardiens de but, il n’y en a eu que deux à lever la main, dont moi.

Ce qui est marrant, c’est que quand je suis arrivé sur le terrain, il y avait déjà les gardiens de la saison précédente qui étaient là dans les différentes équipes (A, B, C). J’ai donc démarré ce premier entrainement en équipe D. C’était le commandant Bonneville qui s’occupait de cela. Au fur et à mesure de la journée, je suis passé en C, en B et j’ai fini ma première journée d’entrainement au Stade Rennais en équipe A. Le dimanche suivant, il y avait un tournoi à la Bellangerais à Rennes. Je suis allé directement en Minimes A. Mon histoire avec le SRFC a démarré ainsi.

Que représentait pour toi le Stade Rennais lorsque tu as signé au club ?

Le Stade Rennais, c’était tout pour moi. Le Stade Rennais m’a toujours fait rêver. Quand j’étais gamin, mon père m’emmenait au Stade de la Route de Lorient, juste derrière le grillage au niveau des buts. Je me souviens de Georges Lamia, de l’épopée 1965. Jamais je n’aurais pensé qu’un jour, je serais à leur place. Mon père m’a emmené à Paris voir la première finale de Coupe de France en 1965, un dimanche après-midi. À la fin des prolongations, il y a eu match nul et vu qu’il n’y avait pas de tirs au but, le match a dû être rejoué le jeudi. Je n’ai pas pu aller voir la seconde finale car mon père travaillait. 6 ans après, je suis allé voir la finale de Coupe de France 1971 à Colombes.

Sans centre de formation, comment se sont passées tes premières saisons à Rennes ?

J’avais une scolarité normale. Au début, en minimes et en cadets, je n’avais qu’un seul entrainement le mercredi, puis deux quand je suis passé junior. Je prenais ma mobylette pour aller m’entrainer Route de Lorient. Ce sont de bons souvenirs. J’ai progressé très vite. La première année, j’étais en minime A. Ma deuxième année, je devais rester en minime A mais j’ai été surclassé en cadet A du Stade Rennais. J’ai été sélectionné dans les Cadets de l’Ouest d’entrée alors que j’étais minime. En cadet A, j’étais déjà sélectionné en Equipe de France Junior. J’ai fait trois années d’Equipe de France Junior.

Comme dans ma tête c’était mon truc, j’étais très sérieux à l’entrainement. Je ne sortais pas, je donnais tout pour le foot. En même temps, j’étais au lycée Saint-Etienne. Mais je partais déjà huit jours en stage tous les mois. À un moment, le directeur du lycée a dit à mon père que c’était soit le football soit les études car il ne voulait pas que mes absences continuent. Mon père lui a alors dit que nous choisissions le foot. J’étais content mais je n’avais que 17 ans. Mon père m’a alors trouvé un emploi pour meubler pendant un an avant de partir à l’armée.

Quel souvenir gardes-tu de ton premier match en professionnel au Parc des Princes contre le Paris FC le 17 janvier 1973 (match nul 2-2) ?

C’était juste avant de rentrer au Bataillon de Joinville, qui était la filière normale à l’époque. Daniel Bernard, le gardien titulaire, s’était blessé, et Jean-Paul Escale, le gardien numéro 2, venait d’arriver au club blessé au genou et n’était pas prêt. J’étais donc le 3ème gardien à 17 ans et demi. Je débute dans ces circonstances au Parc des Princes qui venait de ré-ouvrir. C’était super. Nous faisons match nul (2-2) alors que nous menions (0-2). Je fais une super première mi-temps. Le Paris FC revient à 1-2 et égalise sur un but évitable. Il y a un ballon aérien assez facile à capter. Mais, Madronnet arrière central du PFC me pousse juste ce qu’il faut quand je suis en l’air et me déséquilibre. L’arbitre accorde le but, ce qui était classique à l’époque à l’extérieur. Néanmoins, je suis sorti de ce match super content. J’avais géré même si j’étais aussi un peu déçu car je savais qu’il y avait faute sur moi sur le second but. À l’époque, ça n’avait pas été trop dit.


17 janvier 1973 : Pierrick Hiard, pour son premier match professionnel arrête un tir d’un attaquant du Paris FC.

Comment avais-tu été accueilli par l’équipe ?

Jouer avec les anciens vainqueurs de la Coupe de France comme Cosnard, Cardiet, Betta, Garcia alors que j’étais allé les voir à Colombes jouer en finale, jamais je n’aurais pensé ça. J’avais 17 ans et demi, j’étais considéré comme le minot. À l’époque, tu n’avais pas trop le droit de parler, tu écoutais les plus anciens. Mais ils avaient été super sympas et m’avaient mis à l’aise.

"J’ai accepté d’être transféré à Bastia pour sauver le Stade Rennais"

Et à la fin de première année professionnelle, tu gagnes la finale de la coupe Gambardella en 1973 avec le Stade Rennais à Quimper…

Je rentre au Bataillon de Joinville en juin et quelques jours après, je joue la finale de la Coupe Gambardella à Quimper. Nous étions déçus car la finale avait toujours lieu en match de lever de rideau de la finale de la Coupe de France à Paris. La seule fois où ça ne s’est pas passé ainsi, c’est en 1973, car il y avait deux équipes bretonnes : l’AS Brestoise que personne n’attendait et le Stade Rennais. Le stade de Penvillers était à guichets fermés. Beaucoup de brestois étaient venus supporter l’ASB, mais peu de Rennais. Un super match, j’arrête deux tirs au but dont le dernier de la seconde série. Nous la gagnons, donc ce n’était que du bonheur (NDLR : 10 Juin 1973 : Stade Rennais FC-AS Brestoise (1-1) 6 tirs au but à 5 au Stade de Penvillers de Quimper.)


10 Juin 1973 : Pierrick Hiard arrête un tir au but brestois lors de la séance de tirs au but de la finale de la Coupe Gambardella jouée à Quimper.

Tu joues très peu de matchs jusqu’à la saison 1976/1977. Où situes-tu le déclic pour devenir titulaire ?

Daniel Bernard, le titulaire, était un bon gardien. Un effectif professionnel à l’époque était composé de 16 joueurs. Quand le gardien titulaire ne se blessait pas, il n’y avait pas de gardien remplaçant sur le banc. J’ai commencé à faire quelques matchs quand Daniel s’est blessé, ce qui arrivait deux ou trois fois par saison. Je pense que le déclic arrive en début de saison 1976/1977 lorsque l’entraineur Claude Dubaële juge que je suis devant Daniel. Je suis titulaire jusqu’au match à Bastia. Je fais un festival même si nous perdons. Au match suivant, il remet Daniel en me disant que c’était le titulaire. En fait, Daniel commençait à prendre un peu mal cette situation. Il me fait rejouer au match retour contre Bastia et je refais un super match. C’est cette saison-là, où Daniel Bernard joue 19 matchs et moi aussi. Mais nous descendons et nous repartons pour la saison 1977/1978 en seconde division.

Tes premières saisons correspondent aux difficultés financières du club marquées notamment par la grève des joueurs.

En 1971, le Stade Rennais gagne la Coupe de France pour la seconde fois. C’était le top dans la ville et au club. Malheureusement, au bout de trois ans, les finances se sont dégradées et nous descendons deux fois en seconde division. En 1977/1978, nous pensions jouer la montée en Division 1, mais nous faisons un départ catastrophique. Au bout de quatre mois, le club a des gros problèmes financiers. Nous n’étions plus payés depuis plusieurs mois. Cela avait créé des tensions car tous les joueurs se demandaient quand ils allaient être payés.

Au même moment, le Sporting Etoile Club de Bastia, qui joue la Coupe de l’UEFA, me contacte. Ils avaient été impressionnés par les deux matchs que j’avais faits contre eux la saison précédente. J’ai dit aux dirigeants du club que Bastia m’avait contacté car ils n’avaient plus de gardien. Les dirigeants du club m’ont alors dit que si je partais là-bas, avec le prix de mon transfert, cela pourrait aider à sauver le club. Les dirigeants des deux clubs devaient se rencontrer pour discuter. Mais juste avant, les joueurs qui ne voyaient toujours rien venir, ont décidé de faire grève. Après un entrainement, j’ai dit aux autres joueurs d’attendre huit jours car si mon transfert se faisait, tout le monde serait payé. C’était avant le fameux match contre Lille qui faisait cavalier seul pour remonter en première division. J’ai dit aux autres joueurs que je ne ferais pas grève car il y avait mon transfert en jeu. Nous n’étions que trois joueurs professionnels à ne pas faire grève : Claude Arribas, Jerzy Wilim et moi-même. Le club décide de jouer avec l’équipe réserve et on réussit à faire match nul.

Quelques jours plus tard, au terme des discussions entre les dirigeants, j’ai accepté d’être transféré au Sporting pour sauver le Stade Rennais. J’en suis toujours fier aujourd’hui car le club était vraiment mal en point et je pense que, sans cela, le SRFC aurait pu faire comme le Stade de Reims qui a galéré pendant 20 ou 30 ans. Après mon départ, le club s’est maintenu en Division 2 et a galéré pendant cinq ou six saisons avant de remonter en 1983.

"J’ai eu la chance de connaître la meilleure période de Bastia"

Que retiens-tu de tes six saisons au Sporting Etoile Club de Bastia ?

Je retiens tout. Je suis arrivé comme joker en Corse quinze jours avant la trêve hivernale. Je suis resté quinze jours à l’hôtel à Bastia avant de remonter à Rennes pour les fêtes de fin d’année. Le Sporting était déjà qualifié en quart de finale de la Coupe de l’UEFA. Le groupe vivait bien ensemble et ce n’était pas évident d’arriver en pleine épopée européenne. J’arrivais tout droit de Division 2 et j’allais jouer directement la Coupe d’Europe. Je pense que j’ai toujours eu de la chance. La trêve avait été assez longue, et nous avions repris avec une tournée au Maroc ce qui a rendu mon intégration toute naturelle. J’étais là pour jouer comme titulaire. Très vite, j’ai senti que les autres joueurs avaient confiance en moi. J’ai eu la chance de jouer après la trêve à Valenciennes où je fais un gros match et où j’arrête un penalty.

Nous nous qualifions pour la finale de la Coupe de l’UEFA. Perdre en finale a été une grosse déception sur le coup. Jouer une finale et la perdre c’est terrible. On fait nul à l'aller dans un bourbier à Bastia contre le PSV. Dans de meilleures conditions, je pense qu’on aurait pu l'emporter. Mais passer de Division 2 au-devant de la scène internationale, c’était incroyable. Tout le monde suivait l’épopée de Bastia. Après la Coupe d’Europe, un peu comme Rennes après la Coupe de France, Bastia a eu du mal pendant trois ans. Nous avons réussi à gagner la Coupe de France en 1981 avec l’ossature que nous avions gardée. Gagner la Coupe de France pour un footballeur professionnel, c’est énorme, c’est le top du top, en plus dans le contexte corse. Ce sont des gens extraordinaires, mais ce sont des Corses, c’est une île et ils ne vivaient que pour le football, que pour Bastia. Nous étions des dieux, des idoles. Dans la rue, tout le monde venait nous voir. J’ai eu la chance de connaître la meilleure période de Bastia.


10 septembre 1978 : Laurent Pokou et Pierrick Hiard quittent le terrain du stade de la Route de Lorient après le match amical entre le Stade et le Sporting.

Te souviens-tu avoir rejoué avec le maillot de Bastia au Stade de la Route de Lorient ?

Oui, je me souviens avoir joué un match amical. Dans le deal du transfert, les dirigeants de Rennes avaient demandé aux dirigeants de Bastia de venir faire un match amical à Rennes.

"J’ai toujours dit, qu’en partant à Bastia, je reviendrais un jour chez moi à Rennes"

Pourquoi reviens-tu au club lors de la saison 1983/1984 ?

Je voulais revenir à Rennes. Je suis parti car Bastia est venu me chercher mais le Stade Rennais c’était ma vie. J’ai toujours dit qu’en partant à Bastia, je reviendrais un jour chez moi à Rennes. À la fin de la saison 1982/1983, j’ai reçu des propositions de Lens, de Saint-Etienne qui me voulait pour remplacer Curkovic. Le Stade Rennais venait de remonter en Division 1. Le président Dimier m’a contacté et m’a demandé si je voulais revenir. Je lui ai répondu que je pouvais revenir en vélo s’il le fallait. Il a géré le transfert avec les dirigeants de Bastia. J’étais content de revenir dans MA ville, dans MON club.

Que retiens-tu de cette saison 1983/1984 tant attendue et pourtant très décevante puisque conclue par une descente en Division 2 ?

Au départ, ça ne s’est pas bien passé. Le début de saison a été catastrophique. Le recrutement sur le papier semblait top : Yannick Stopyra arrive, je reviens. Tout le monde pensait que nous allions être suffisamment armés. Nous avions de bons petits joueurs dont certains remontaient de deuxième division. Il y avait Mazur, Horsmann qui avait gagné la Coupe des Clubs Champions avec le Bayern de Munich contre Saint-Etienne en 1976, mais qui n’avait rien de transcendant.

Nous avons un départ très laborieux. Moi, je ne donne pas ce que j’aurais dû donner. Je rentrais chez moi, on attendait beaucoup de moi. J’ai démarré la saison en étant capitaine et comme je prends tout à cœur, je me suis mis trop de pression si bien que je n’étais pas moi-même. Dans les vestiaires, après le 10ème match contre Saint-Etienne, j’ai dit sur le coup de la déception à l'entraîneur Jean Vincent que s’il voulait m’enlever pour les prochains matchs, il pouvait m’enlever. Il a refusé mais au match suivant, il m’a quand même enlevé. J’avais les boules car c’était moi qui lui avait demandé.

Gilles Bourges m’a donc remplacé à Metz et le SRFC prend une déculottée (6-0). Ça a été le déclic pour moi. Je me suis dit que je m’étais mis une pression énorme et que sans moi, ils en avaient quand même pris six. Je me suis dit que j’allais rejouer sans me mettre de pression et en arrêtant de me dire que j’allais sauver tout seul le Stade Rennais. J’ai repris ma place de titulaire dès le match suivant. Mais le club est redescendu en fin de saison. Pendant les deux premiers mois, je n’ai pas donné ce que je devais donner. Stopyra a eu du mal aussi. Les leaders n’ont pas été au rendez-vous et les autres joueurs qui montaient de Division 2 ont fait ce qu’ils pouvaient, mais l’amalgame ne s’est pas fait.

Le SRFC remonte dès la saison suivante au terme d’une longue saison et de matchs de barrages épiques.

Nous jouons la montée en Division 2. Nous sommes une équipe de copains qui se battent les uns pour les autres. Mais, c’est galère car nous ne remontons pas directement et nous finissons troisièmes du groupe A. À l’époque il y avait deux groupes de deuxième division et il y avait un système de barrages incluant les deuxièmes et les troisièmes de chaque groupe et le 18ème de Division 1. C’était un vrai marathon pour monter en D1 par les barrages, surtout après 34 journées de championnat. Nous commençons par aller jouer un match sec à Saint-Etienne chez le 2ème du groupe B. Nous y allons dans nos petits souliers et nous gagnons là-bas (0-2) grâce à des buts de Philippe Morin et Farès Bousdira. Dans le Chaudron, les supporters m’avaient canardé avec des bouteilles de bières. Moi, j’aimais bien parce que plus il y avait de pression, mieux c’était pour moi car j’étais encore plus bouillant. Paradoxalement, ça m’avait servi. Après cette victoire, nous avons joué contre Mulhouse en match aller/retour où nous gagnons les deux matchs. Nous avons donc affronté le FC Rouen, qui avait fini 18ème, pour monter en Division 1.

"Monter en D1 sur une séance de tirs au but, c’est incroyable"

Cette dernière confrontation aller/retour contre le FC Rouen est rentrée dans la légende du club. Peux-tu nous la raconter ?

Au match aller, le stade de la Route de Lorient est à guichets fermés. Nous faisons le match qu’il faut mais sans réussite. Le FC Rouen marque sur une demi occasion suite à un coup franc où Gilles Gallou trouve ma lucarne en passant la balle juste au-dessus du mur. Il fallait aller jouer à Rouen avec un but de retard. Nous savions que cela allait être difficile. Nous allons là-bas comme une équipe de guerriers. Philippe Morin s'échappe et va marquer. Ce sera le seul but du match et la montée se joue aux tirs au but.

J’arrête quatre tirs au but (deux dans la première série, et deux dans la mort subite). Dans la première série, j’arrête le cinquième tir, celui de Monczuk. Je me dis que si Rennes marque, nous montons. Mais, derrière, Benssoussan, le gardien de Rouen, arrête notre tentative. Nous démarrons alors la seconde série. J’arrête enfin le dixième tir rouennais, celui d’Alberto. Je me dis que si nous ratons le suivant, ça sera à moi de tirer. C’est Alain Doaré qui se présente pour tirer. Alain était un guerrier, un bon arrière, agressif mais techniquement, il n’était pas top. Je suis allé le voir en lui disant de ne pas gamberger et qu’il allait marquer et que ça allait être le héros. Et là, il marque. Monter en D1 sur une séance de tirs au but, c’est incroyable. Nous devions rentrer en avion pour faire la fête à Rennes mais il y avait du brouillard. Nous sommes rentrés à Rennes avec le bus du FC Rouen. Le trajet était très long et nous avions fait une grosse fête dans le bus. Quand nous sommes arrivés vers 4h00 à Rennes, la Route de Lorient était pleine à craquer. Nous avons refait la fête avec les supporters en plein milieu de la nuit.

5 juin 1985 : la séance de tirs au but FC Rouen - Stade Rennais (6-7) en AUDIO.


5 juin 1985 : Pierrick Hiard fête la montée en Division 1 avec ses coéquipiers rennais dans les vestiaires du Stade Robert Diochon de Rouen.


5 Juin 1985 : Pierrick Hiard porte en triomphe Pierre Mosca, l’entraineur du SRFC, lors de l’arrivée triomphale Route de Lorient.

S’en suivent deux nouvelles saisons en D1, ponctuées une nouvelle fois pas une descente en D2 au terme de la saison 1986/1987.

La première saison 1985/1986, nous faisons une saison correcte avec Pierre Mosca, l’entraineur. Nous avions même perdu une demi-finale de Coupe de France contre l’Olympique de Marseille en ayant éliminé Auxerre en quart de finale. Malheureusement, nous redescendons à l’issue de la saison 1986/1987. Personnellement j’étais très déçu car j’étais revenu à Rennes pour essayer de faire plusieurs saisons en Division 1.

Pendant huit mois, je n’avais même pas le droit de m’entraîner dans les buts

Tu es mis sur la touche lors de la saison 1987/1988 jusqu’à un match de Coupe de France contre Baud (7-0). Que s’est-il passé ?

Nous repartons avec une bonne équipe de copains. Raymond Kéruzoré arrive comme entraineur. Suite à de nouvelles difficultés financières, les dirigeants du club commencent à dire que les joueurs cadres qui gagnent le plus doivent être transférés pour soulager les finances du club. Henri Zambelli part. Dominique Marais s’arrange avec le club. Moi, j’avais encore trois ans de contrat. Raymond Kéruzoré vient me voir et me dit que la Direction avait décidé d’arrêter de m’aligner en se disant que j’allais craquer rapidement et accepter de revoir mon contrat. Il me dit aussi de me tenir à carreau. Je lui ai répondu qu’il n’aurait aucun problème avec moi. Pendant huit mois, je n’avais même pas le droit de m’entraîner dans les buts. Pendant la semaine, je faisais l’entrainement physique puis j’enchaînais en jouant dans le champ là où il manquait quelqu’un. À un moment, je me suis mis à péter les plombs en rentrant chez moi. Mais les supporters ne m’avaient pas oublié et criaient à chaque match "Pierrick" avec des pancartes à mon nom.

Un jour, il y a eu le tournoi de foot en salle à la Salle Omnisport de Rennes. Moi, je n’y étais pas, car je ne me montrais pas en ville, tellement j’avais les boules. J’avais des potes qui y étaient et m’ont dit que Bourges, le gardien titulaire s’était fait "incendier" et que dans la salle, mon nom avait été scandé à plusieurs reprises. C’était chaud. Le lendemain, "Kéru" m’appelle dans son bureau dès mon arrivée au stade. Il me dit alors qu’il a besoin de moi pour monter en Division 1 et qu’il était allé voir les dirigeants en leur disant qu’il fallait me faire rejouer, autrement le club n’y arriverait pas. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour jouer. J’étais d’accord. Je lui ai aussi rappelé que cela faisait huit mois, que je n’avais pas mis les gants et qu’il devrait sans doute me faire jouer un peu en réserve, histoire que je reprenne mes repères. Je lui ai dit aussi que si cela se passait mal pour moi, il devrait assumer dans la presse car j’avais de bonnes excuses. Il m’a fait rejouer directement. C’était lors du match de Coupe de France contre Baud.

Puis, j’enchaîne dans les buts contre Strasbourg qui était leader de Division 2. Nous gagnons ce match (4-0). Cela m’a permis de me remettre le pied à l’étrier à 33 ans.


20 février 1988 : Pierrick Hiard de retour dans les cages rennaises après 8 mois d’absence quitte le terrain avec Raymond Kéruzoré après l’écrasante victoire rennaise contre Strasbourg.

Nous marquons le but de montée en Division 1 à la dernière seconde du dernier match

Les deux saisons suivantes, tu les joues comme titulaire avec au final cette fin hallucinante au Moustoir ?

Nous avions fait un bon parcours en Coupe de France en éliminant en 16ème de finale le Matra Racing. Nous avions ensuite été battus par l’Olympique de Marseille de Jean-Pierre Papin en quart de finale. En championnat, nous finissons 3ème du groupe B de Division 2. Nous sommes de nouveau engagés dans le marathon des barrages. Nous jouons à Nîmes mais nous perdons ce match sec malgré un bon match de ma part.

Nous repartons donc pour une troisième saison consécutive en seconde division. Cette nouvelle saison est aussi difficile. Nous étions bien, si bien que nous avions fait une bonne partie de la saison en tête de notre groupe. Pour notre dernier match à domicile, nous recevions le Stade Lavallois, que nous devions juste battre pour être certain de monter. C’était la fête au stade. Mais nous perdons ce match et devons donc aller gagner à Lorient en marquant un but de plus que Valenciennes qui jouait à Angers. Ce dernier match était un match couperet pour le FC Lorient comme pour nous. Le FCL jouait pour ne pas descendre en Division 3. Ils se battaient comme des chiens. Ils taclaient tout ce qui bougeaient. Comme ça arrive assez souvent, nous dominions, avions des occasions franches mais nous n’avions pas de réussite. Nous voyions l’horloge qui défilait et nous nous disions que nous n’y arriverions jamais.

Résumé de la saison 1989/1990 du Stade Rennais, par TV Rennes.

"Kéru" devait avoir le transistor sur le banc car même après le premier but de François Denis, nous savions qu’il fallait encore marquer un but en plus pour monter en Division 1. Et nous marquons à la dernière seconde du dernier match de championnat par Jean-Christophe Cano, le but qui nous fait monter en Division 1. Le retour à Rennes avait été une nouvelle fois extraordinaire. Nous avions tous fini au Picadilly, place de la Mairie.


5 Mai 1990 : Pierrick Hiard et Erik van den Boogaard fêtent la montée en Division 1 au Picadilly.

Toi qui pensais ne plus rejouer en Division 1, c’est reparti pour un tour...

La saison 1990/1991 est ma dernière saison professionnelle mais aussi une saison qui a été compliquée pour moi sportivement. Je démarre la saison comme titulaire puis à l’issue du match à Sochaux où nous perdons (4-0), "Kéru" me sort de l’équipe. Nous étions tous à côté de nos pompes. Alors que nous perdons déjà 2-0, sur un corner, j’anticipe un peu au premier poteau et Caveglia trouve ma lucarne opposée. Je n’avais pas été plus mauvais que les autres.

Le vendredi suivant, Kéruzoré annonce l’équipe. D’habitude, il commençait par moi, le Numéro 1, mais là, il commence par annoncer les titulaires par le numéro 11 et ainsi de suite jusqu’au numéro 1. Je n’ai pas été surpris que Franck Mantaux soit devenu titulaire. Cela a duré quelques matchs comme ça. Mais après un match à Auxerre, le coach a demandé à me parler et m’a dit qu’il avait fait pour le mieux, qu’il m’avait enlevé mais qu’il allait me remettre car le club avait besoin de moi.

En fin de championnat, nous recevons l’AS Cannes avec l’un des premiers matchs de Zinedine Zidane. Nous devons absolument gagner. Sur une action, Amara Simba rate son centre, je dévie le ballon du bout des doigts sur ma transversale et le ballon revient sur Éric Guérit qui marque de la tête. Nous faisons match nul (1-1). Après ce match, rebelote, Kéruzoré m’a enlevé. Ça a été mon dernier match en pro. C’était une année difficile car nous finissons 20ème et nous descendons en fin de saison.

Le club est miraculeusement repêché en Division 1 pour la saison 1991/1992. Pourquoi ne joues-tu pas un seul match ?

J’avais 37 ans. Il me restait encore un an de contrat. Raymond Kéruzoré était remplacé par Didier Notheaux avec qui j’avais aussi joué. Nous avons appris que Rennes était repêché durant la période de préparation. Notheaux me dit qu’à 37 ans, je n’étais plus l’avenir du Stade Rennais. Il m’a demandé de devenir la doublure de Pascal Rousseau qu’il connaissait depuis leur période commune au Stade de Reims. Le dimanche, j’allais jouer en Division 3. Il n’y avait pas de gardien remplaçant à l’époque et j’ai donc été sa doublure toute la saison. À la fin de cette seconde saison, nous descendons une nouvelle fois en seconde division. Didier Notheaux me demande alors d’intégrer son staff et d’entraiîer les gardiens. C’est comme cela que j’ai basculé dans ma reconversion.

Les scénarios font que ces deux montées se passent sur deux drames

Quel est le match marquant de ta carrière rennaise ? Quelle a été ta plus grande fête après un match à Rennes ?

Evidemment, ce sont les deux fois où nous remontons en Division 1. La première fois après le dixième tir au but et la seconde fois à la dernière seconde à Lorient. Même si ce ne sont que des remontées, ce sont des souvenirs extraordinaires. Pourtant, j’ai aussi eu la chance de connaître une finale de Coupe d’Europe, de gagner une finale de Coupe de France et de jouer en Equipe de France. Si ces deux montées étaient arrivées après avoir survolé le championnat, cela serait différent. Les scénarios font que ces deux montées se passent sur deux drames. C’est aussi pour ça que ça reste des super souvenirs pour moi.

As-tu le souvenir de stades où tu as été particulièrement secoué ?

Je me rappelle qu’à chaque fois que j’allais jouer à Brest, c’était chaud. C’était le derby Brest-Rennes. Les Brestois me sortaient une pancarte avec un doigt d’honneur. Mais moi, j’aimais ça. Plus ils m’en mettaient, plus cela me transcendait. À Nantes, comparativement c’était très calme.

Quelles étaient tes principales qualités de gardien ?

Ma grosse qualité était ma détente, ma vivacité, mes réflexes. Mes années de basket m’ont servi. Sur ma ligne, j’étais un vrai chat. J’avais une autre grosse qualité, c’est que je sortais vite fait dans les pieds. J’étais explosif dans mes sorties. J’anticipais très vite et je n’avais peur de rien. Ça m’a joué des vilains tours au niveau de mes blessures.


Pierrick Hiard à l’entrainement en 1986.

Tu avais la réputation d’être un joueur nerveux ?

J’étais aussi un joueur nerveux. C’était mon tempérament. Pour que je sois bien dans mon match, il fallait que je sois à 200%. Le jour où j’étais un peu tranquille, ça voulait dire que je n’étais pas bien. L’injustice pour moi, c’était quelque chose d’énorme. On me voit souvent discuter avec les arbitres. Quand un penalty était sifflé et que j’estimais qu’il y avait une erreur d’arbitrage, ça me rendait furieux. Il n’y avait pas de vidéo et il y avait des tricheurs. Comme je sortais très vite dans les pieds, des attaquants me tapaient volontairement le bras et l’arbitre se faisait avoir en sifflant penalty. Evidemment, je réagissais pareil sur des faits de jeu. J’étais un gagneur.


18 mars 1989 : Pierrick Hiard en discussions avec l’arbitre du match Rennes-Brest (2-2).

Celui qui m’a énormément appris, c’est Pierre Mosca

Durant ta carrière de joueur, tu as pu côtoyer de grands joueurs et entraîneurs. Lequel t’a le plus impressionné comme gardien ?

Un seul m’a marqué : c’est Marcel Aubour. Quand il est arrivé à Rennes, il avait déjà joué en équipe de France. Il a gagné la Coupe de France avec Rennes. C’était un vrai personnage, un mec du Midi : il parlait beaucoup, il rigolait. Moi c’était tout l’inverse. Dans les buts, il était cool. Mais attention, c’était un super gardien.

Défenseur ?

J’ai eu la chance de jouer avec de super défenseurs mais en dégager un c’est difficile. Il y en a un qui avait le même profil que moi, qui était gagneur, qui détestait perdre et qui était un bon joueur, c’est Patrice Rio. Il ne rigolait pas. C’était l’ancienne période, où il y avait un stoppeur et un libéro. Il était au marquage.

Milieu ?

J’ai joué aussi avec des bons milieux. Patrick Delamontagne était un très bon technicien. J’ai joué avec André Betta, avec Raymond Kéruzoré. Il y a eu de très bons joueurs de ballon à Rennes. Attaquant ?

Laurent Pokou évidemment, c’était le top.


4 juin 1976 : Laurent Pokou et Pierrick Hiard avant le match contre le Paris SG (1-1).

Entraîneur ?

Celui qui m’a énormément appris, c’est Pierre Mosca. Il était entre l’ancienne et la nouvelle génération. Il cherchait de nouvelles méthodes. Il m’a fait progresser énormément. Je n’avais jamais connu de coach de gardien. Jusque-là, à l’entrainement, l’entraîneur te disait seulement de te mettre dans les buts, et les autres joueurs tiraient au but. Avec Pierre Mosca, je faisais des séances spécifiques pour gardien de but. Je venais tout seul avec lui pendant 1h ou 1h15 avant le début de la séance des professionnels. Nous faisions des séances spécifiques pour gardien de but. C’était super. C’est là que j’ai vu que, plus tu enchaînais des séances, plus tu prenais confiance. Avant tu ne jouais que sur tes qualités. Cette saison-là, je fais une grosse saison et il y est pour beaucoup.

Quelle a été l’évolution de l’ambiance au Parc des Sports de la Route de Lorient pendant trois décennies où tu y as joué ?

Je n’ai pas trop vu l’évolution. Nous avions un bon public qui aimait le foot, qui aimait son club, mais qui n’était pas démonstratif. Je dirais que c’était un public "breton", réservé. Je trouve qu’aujourd’hui ça rentre plus dans les mœurs. Durant ma carrière, je ne voyais jamais un supporter avec un maillot rouge et noir dans les tribunes. Aujourd’hui, tout le monde vient avec son écharpe rouge et noire.

Tu as été appelé une seule fois en équipe de France. Est-ce un regret de ne pas avoir été appelé davantage ?

Oui, c’est un regret. J’ai eu ma première sélection en 1981 au Heysel contre la Belgique lors d’un match qualificatif pour la Mondial en Espagne en 1982. Hidalgo avait appelé Amoros, Bellone et moi, et nous avait dit que nous étions là pour apprendre. Il fallait que nous regardions comment le groupe vivait, que nous devions prendre nos marques. Dominique Dropsy était titulaire. Au bout des huit jours de stage, Hidalgo me dit que c’était moi qui jouerait titulaire contre la Belgique car j’étais en pleine bourre. Quelque part, il m’a envoyé au casse-pipe. En général, un sélectionneur préparait un joueur sur trois matchs par des matchs amicaux ou bien des matchs sans pression. J’ai fait mon match, même si ce n’était pas évident. Le match suivant, j’ai été sélectionné mais je suis resté sur le banc. Il a décidé de mettre Castaneda.

Je rate le mondial en Espagne alors que j’étais toujours le troisième gardien jusqu’au dernier rassemblement pour aller en Espagne, même si je ne participais pas aux stages et que je restais à la maison. Le dernier jour, c’est Ettori qui a été appelé et qui a pris ma place. Mon plus gros regret est d’avoir raté cette Coupe du Monde.

Peux-tu nous dire enfin ce qu’il y avait dans ta sacoche ?

J’avais toujours une sacoche. Quand j’ai commencé à jouer en professionnel, il n’y avait pas de gants. Je jouais mains nues. Puis l’été, je crachais dans mes mains avec du chewing-gum pour que ça colle un peu. Ma mère m’avait acheté des gants de sports d'hiver en laine de couleur bleue. Marcel Aubour avait des gants avec des picots en caoutchouc mais ça faisait comme avec une savonnette.


Pierrick Hiard avec les fameux gants en laine.

C’est Curkovic qui a amené des gants avec une mousse blanche. C’était super. Mais à la même époque, la matière des ballons a changé. Il y avait des gants qui allaient bien avec certains ballons mais pas d’autres. J’avais toujours trois paires de gants adaptées aux différentes sortes de ballon. C’est pour cela qu’en rentrant sur le terrain, j’allais toujours voir l’arbitre et j’allais toucher le ballon. Si je voyais que le ballon était une savonnette avec les gants que j’avais, j’en changeais vite. Mais il y avait autre chose. À Bastia, j’ai eu trois blessures sérieuses (pommette, genou, et clavicule). Quelqu’un m’avait dit qu’on m’avait donné le mauvais œil et il m’avait donné un grigri en me disant de le mettre dans ma sacoche. Du coup, je l’y ai mis. Mais au départ, la sacoche était vraiment pour mes gants.

Tu es sixième en nombre de matchs joués pour le Stade Rennais avec 323 matchs. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

C’est une grande fierté. J’ai la chance d’avoir joué plus de 500 matchs de haut niveau en comptant les matchs joués avec Bastia. Faire plus de 500 matchs dans une carrière, c’est énorme. Surtout sur un poste de gardien de but, exposé facilement à la critique. Pour jouer devant 40 000 spectateurs, jouer une finale de Coupe d’Europe, il faut avoir les nerfs solides. Au fond de moi-même, je me dis que j’ai "assuré" en faisant plus 500 matchs. Et mieux encore, j’en ai joué 323 pour le Stade Rennais, dans ma ville, dans mon club. Je n’ai connu que deux clubs. Faire cela avec Rennes et Bastia, c’est le top. C’est encore une grosse fierté car quand je sors, il y a encore beaucoup de monde à me reconnaître, à venir me voir et à être content de me serrer la main. Si j’avais été un "con", jamais les gens ne continueraient à s’arrêter. Quelque part, je me dis que j’ai fait plaisir à beaucoup de gens.


Pierrick Hiard, chez lui le 20 Septembre 2018.


L'envers du décor

Pierrick Hiard a eu la gentillesse de me recevoir dans son pavillon de l’Est de Rennes lors d’une belle journée de Septembre 2018. Cette entrevue, agrémentée de quelques larmes, a été la plus riche en émotions que ROUGE Mémoire a réalisée depuis ses débuts. Cela démontre l’attachement viscéral et incroyable de cet homme simple pour le Stade Rennais FC mais aussi pour la ville de Rennes. Hormis ses années bastiaises, qu’il ne regrette pas, Pierrick Hiard a consacré sa vie d’Homme au Stade Rennais jusqu’à sa retraite. Ce fut un plaisir immense d’avoir le privilège d’échanger avec lui sur ses années professionnelles. Même si ses saisons correspondent aux années "yo-yo" entre la Division 1 et la Division 2, elles font partie intégrante de l’Histoire du club. Merci à lui pour ce témoignage.

Entrevue réalisée par @Mattcharp


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